Hôtellerie

Le Métropole Monte-Carlo, roi du nouveau luxe

Commerce international | mars 2008

Entièrement rénové en 2004, l’établissement monégasque s’impose à nouveau, au-delà même de Monte-Carlo, comme un palace de référence.

C’est l’histoire d’une renaissance dont le Tout-Monaco doit se régaler. Après plusieurs décennies sans éclat, l’Hôtel Métropole Monte-Carlo renoue désormais avec le succès qui fit sa notoriété il y a un siècle, à la Belle époque. Construit en 1889, l’établissement était au début des années 1900 le lieu de séjour incontournable des élites de passage en Principauté. Abandonné à un long déclin à partir des années 1930, l’établissement est racheté en 1980 par le promoteur libanais Nabil Boustany, qui décide de lui redonner vie. Il le fait entièrement détruire et reconstruire, puis rouvre ses portes en 1989. Mais le succès n’est pas à la hauteur des espérances. Le Métropole n’occupe que la quatrième ou la cinquième place des hôtels de Monaco quand son propriétaire voudrait en faire l’adresse de référence de la ville et, au-delà, l’un des établissements phare de la Riviera. Une nouvelle rénovation est donc lancée en 2003. Objectif : inventer un palace d’exception capable d’incarner le luxe du XXIe siècle.

« Le concept que nous recherchions, c’était tout à la fois un mélange de décor classique, d’élégance et de touches de modernisme, un côté un peu glamour, un service exceptionnel, de l’innovation et de la créativité et, surtout, de la chaleur humaine et de la convivialité », raconte Jean-Claude Messant, directeur général de l’établissement depuis 2001. Lui et Nabil Boustany ont en tête une stratégie de conquête commerciale très précise : pour devenir numéro un, le futur hôtel doit se forger une image de lieu incontournable pour qui pratique le luxe au quotidien. La décoration intérieure est confiée à Jacques Garcia, architecte de renommée internationale, qui s’est illustré quelques années auparavant en recréant l’ambiance de l’Hôtel Costes, à Paris, devenu depuis l’un des endroits les plus prisés de la capitale. C’est lui qui décide de donner au Métropole les allures d’un palais méditerranéen élégant et chaleureux. Autres personnalités en vue, Béatrice Ardisson est chargée de concevoir l’ambiance musicale des bars et Joël Robuchon hérite de la direction des cuisines.

Le Métropole nouvelle version est ainsi inauguré en juillet 2004, après dix mois de travaux. Budget de la rénovation ? Le secret reste, aujourd’hui encore, bien gardé. Le succès, en tout cas, est quasi immédiat. En pariant d’abord sur l’attrait des bars et des restaurants, la direction a vu juste. Les trentenaires et quadragénaires fortunés, cœur de cible de l’établissement, s’y pressent et l’hôtel devient vite « l’endroit où il faut être ».

Heureux hasard : Monaco commence, à l’époque, à se peupler d’une nouvelle génération de résidents, riches mais actifs professionnellement et beaucoup plus jeunes que les bataillons de seniors venus en Principauté profiter d’une retraite dorée. « Ils ont des besoins complètement différents en termes de shopping, de vie nocturne, de bars, de restaurants et de loisirs », commente Jean-Claude Messant. Une véritable aubaine pour le Métropole.

Par un effet boule-de-neige, l’hébergement lui aussi décolle rapidement. « Nos visiteurs appartiennent à cette classe de clients entre 35 et 50 ans, expérimentés, qui voyagent beaucoup, recherchent des choses très raffinées, mais ne veulent pas avoir à mettre une cravate pour dîner et ont envie de se décontracter, de se sentir comme chez eux », décrit Jean-Claude Messant. Spa haut de gamme, piscine extérieure d’eau de mer chauffée : « ici, le Moi est très important », confie-t-il.

Au Métropole, on a donc tout misé sur l’excellence de la prestation. La direction sait que ses clients sont prêts à payer le prix fort si le service est à la hauteur. La plus grande suite de l’hôtel, le Carré d’Or, un appartement de 130 m2 situé au dernier étage, agrémenté d’une terrasse de 110 m2 avec vue sur la mer et le Casino de Monte-Carlo, est louée 9 000 euros la nuit… Un niveau de prix qui permet à l’établissement d’afficher aujourd’hui une recette moyenne par client parmi les plus élevées de la Côte d’Azur.

Mais cette exigence de qualité ne séduit pas que la clientèle. Elle semble également faire mouche au sein de la profession. Tandis que le restaurant de Joël Robuchon affiche déjà deux étoiles au Guide Michelin après seulement trois années d’ouverture, l’hôtel vient quant à lui de se voir décerner, en novembre dernier, le titre de meilleur hôtel d’Europe par le réseau « The Leading Hotels of the World », qui rassemble 450 établissements d’excellence dans le monde entier.

Chez les concurrents, on observe évidemment le Métropole avec intérêt. « Certains viennent espionner », s’amuse Jean-Claude Messant. Lui fait d’ailleurs la même chose, mais à l’étranger, notamment du côté des grands hôtels asiatiques, toujours classés parmi les meilleurs. « Ma compétition, lâche-t-il en conclusion, ne se joue pas au niveau local, mais sur la scène internationale. »

Christophe Plotard


Formation. Le luxe, une affaire de relations humaines

« Luxury Attitude » : le nom est évocateur. Installé avenue Montaigne, à Paris, ce cabinet de conseil et de formation aide les acteurs du secteur du luxe, des maisons de haute couture aux palaces en passant par des entreprises comme Louis Vuitton, Mercedes ou Christie’s, à intégrer la « dimension humaine du luxe » dans leurs services aux clients, en premier lieu en formant leurs personnels aux bons comportements. Apparence, gestuelle, qualité de l’accueil, écoute et chaleur humaine, sens du service et du conseil : l’ensemble des éléments entrant en jeu dans la relation clientèle est ainsi pris en compte.

Dans le monde de l’hôtellerie de prestige, des établissements comme le Plaza Athénée, le Crillon et le Meurice, à Paris, ou le Martinez, à Cannes, suivent déjà ces programmes de formation. En faisant de l’alliance du luxe et de la convivialité sa marque de fabrique, le Métropole ne pouvait évidemment pas faire l’économie d’une telle démarche. Et cette formation est dispensée à l’ensemble des personnels depuis l’ouverture de l’hôtel. Son objectif : permettre à chacun d’adopter l’attitude adéquate en toute circonstance.

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