Glisse
Le ski redécolle
Avec la révolution du parabolique, les ventes de skis reprennent. Retour en grâce après la folie du surf des neiges. Un mot d'ordre : toujours plus de plaisir.
Le ski a retrouvé des couleurs. Mieux : il commence à ramener sur les pistes des vacanciers d'hiver qui, ces derniers temps, préféraient passer Noël ou février au soleil. La principale raison de ce retour en grâce, c'est l'invention, il y a dix ans, des planches paraboliques. Une révolution matérielle qui, en quelques années, a réintroduit le ski dans le club des sports branchés.
Fini, donc, la folie snowboard. Aujourd'hui, les acheteurs réinvestissent en masse les rayons skis. Les ventes ont d'ailleurs explosé, passant de 400 000 paires il y a cinq ans à 575 000 l'hiver dernier. « Les fabricants sont d'abord partis dans la course au patin étroit, parfait pour le carving, c'est-à-dire les virages coupés sur piste, raconte Joël Longier, responsable glisse au Vieux Campeur, à Paris. Mais en hors-piste, c'était pénalisant. Donc l'évolution s'est faite en continuant à raccourcir les skis tout en les élargissant pour avoir une surface portante plus grande. » Objectif : développer des gammes complètes afin de satisfaire chaque skieur selon ses envies et son niveau.
Des gammes déclinées à l'envi
Skicross ("pour la piste"), backcountry ("hors-piste"), fat ("planches larges spéciales poudreuse"), freestyle ("modèles à double spatule destinés aux sauts") : il y en a aujourd'hui pour tous les goûts. Mais pas pour toutes les bourses. Le bas de gamme reste accessible, à partir de 200 euros la paire, mais si l'on est amateur de "peuf" ou de figures, la note peut monter jusqu'à 900 euros. A ce prix-là, évidemment, il devient difficile de multiplier les achats. Les grands constructeurs l'ont d'ailleurs compris. L’autre tendance du marché, c'est donc le développement des modèles polyvalents. On connaissait déjà la gamme freeride, moitié piste, moitié hors-piste. Mais depuis une ou deux saisons, le must c'est le backcountry freestyle, autrement dit la glisse sans règle ni limite. La liberté du hors-piste et les sensations des figures aériennes. « Sur ce créneau, on touche surtout les 15-25 ans, avec un bon niveau, explique Joël Longier. Ce qu'ils veulent, c'est acheter une seule paire et pouvoir faire de la bosse, de la poudre, de la piste, du virage court, de la grande courbe, etc. »
Mais la jeune clientèle n'est pas la seule cible des firmes. La gent féminine, qui représente 45 % des pratiquants, fait aussi l'objet d'attentions particulières. Dynastar a été la première marque à proposer des modèles exclusifs, plus courts, plus légers, munis de fixations placées plus haut sur la planche et rehaussées au niveau du talon. Résultat : depuis trois ans, tous les concurrents s'y sont mis. Et les gammes ne cessent de s'étoffer. Pour rester en lice, les grands constructeurs investissent chaque année des millions d'euros en recherche et développement. Cet hiver, l'innovation technique la plus remarquée est signée Kneissl qui lance, avec sa gamme Glide, des planches à quatre ou six carres. Les carres latérales traditionnelles sont utilisées en virage court, celles fixées sous la semelle permettent de rayonner large. L'invention fera-t-elle des adeptes?
Difficile à prévoir. « Le ski vit une révolution à peu près tous les dix ans », estime Michel Rayot, président de la section glisse de la Fifas (Fédération française des industries du sport et des loisirs).
Une seule chose est sûre : les planches de demain seront bourrées d'électronique. Il y a trois ans, Head a amorcé le mouvement en commercialisant les premiers skis "intelligents", capables de se rigidifier ou de s'assouplir, grâce à des capteurs, selon la vitesse et la qualité de la neige. Un vrai succès commercial.
Christophe Plotard
Matériel. Le luxe à vos pieds
Le matériel de luxe est un marché microscopique. Quelques centaines de paires de skis sont vendues en France chaque année, mais les démarches sont bien différentes selon les marques.
Chez Lacroix-France, on a choisi de s'associer au joaillier Philippe Tournaire pour réaliser Ultime, le ski le plus cher au monde : 42 000 euros. Un "ski d'exception", plaqué de bois rares et serti de pierres et métaux précieux.
La marque n'appartient plus à Léo Lacroix, le célèbre champion qui la fonda en 1967 avec son cousin Daniel. Mais dans leur village du Jura, le savoir-faire artisanal n'a pas été abandonné. Depuis l'an dernier, les descendants ont relancé la production à destination de la clientèle française. Sous un autre nom, Lagriffe, mais dans le même esprit qu'autrefois : une qualité irréprochable pour un public élitiste. L'exigence a évidemment un prix : entre 1 000 et 3 400 euros la paire.
Chez les Isérois de Bohème, en revanche, la cible est plus large. Arrivée dans le ski en 2002, la marque vise d'abord la technicité. Du matériel robuste, ultraperformant, tourné vers le freeride. « On s'adresse d'abord à des gens hyperspécialistes, des adeptes du ski libre en pleine montagne », commente Dominique Reynaud, PDG de l'enseigne. Les prix sont peu accessibles : plus de 1000 euros en entrée de gamme.
Le ski de luxe, un business en or ? Chez Aluflex, on s'en moque. La fabrication de matériel, dans cette petite entreprise haut-savoyarde, c'est d'abord une affaire de coeur. « Nous ne sommes pas là pour faire fortune, explique Denis Rey, responsable skis de la société. Ntous voulons faire des produits qui durent. Malheureusement, ce savoir-faire français est aujourd'hui en train de mourir. »
C.P.
RECHERCHE
DOSSIERS
DIAPORAMAS
> Cambodge & Thaïlande
> Argentine